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Cachets : combien dois-je prendre ?
Introduction Comme on le voit, le thème n'est pas nouveau mais néanmoins toujours actuel. Bien sûr, mon avis à ce sujet a changé entre temps, car je suis maintenant danseuse depuis de nombreuses années et j'ai eu l'occasion de me produire dans beaucoup de fêtes privées et publiques. Lorsque je repense à mes débuts, et à mes cachets de l'époque, cela me fait sourire. J'aurais aimé que quelqu'un me conseille et me dise comment faire. C'est pourquoi j'espère que cet article aidera d'autres danseuses, en particulier celles qui débutent. Combien dois-je prendre ? Une question difficile, même pour les pros ! D'un côté on ne veux pas exiger trop (sinon on ne sera bientôt plus engagée nulle part), mais pas trop peu non plus (sinon on se retire le pain de la bouche...). Comment alors trouver un prix juste et réaliste ? Quels facteurs déterminent la hauteur du cachet ? Commençons pas le commencement : Des coûts, des coûts, des coûts... Combien dépensez-vous pour la danse ? Il y a d'abord les cours, puis les formations supplémentaires comme les stages, les costumes et les accessoires, la publicité (annonces, prospectus, cartes de visite...), la musique, les vidéos et DVD, les livres, les magazines, les vêtements pour l'entraînement, etc, etc, etc... Ca fait beaucoup ! Faites une liste pendant un an de tout ce que vous dépensez pour la danse pendant un an (attention : si vous êtes accros aux costumes et accessoires, vous allez avoir une crise cardiaque...). Hobby ou métier : pas assez pour vivre, trop pour mourir ! Avez-vous déjà réfléchi à ce qu'une danseuse professionnelle doit gagner pour avoir un salaire net correct ? Bien sûr, lorsque l'on regarde le salaire brut, cela peu paraître beaucoup comparé à un employé ou un ouvrier. Mais ce que beaucoup oublient : la danseuse pro (pro, au sens de "gagne sa vie uniquement par la danse") est indépendante et doit donc payer seule et à 100% la sécurité sociale, la retraite, l'assurance maladie. Rajoutez à cela les impôts et assurances diverses, cela fait de belles sommes d'argent qui partent : à la fin, il reste moins que ce que l'on pense. C'est pourquoi la plupart du temps, les danseuses professionnelles sont obligées d'accepter le plus d'engagements possibles et comme les prix du marché sont de toute façon bas, il est quasiment impossible de vivre uniquement de la danse. Pour la plupart, devenir enseignante est inévitable. Chacun devrait maintenant pouvoir comprendre ce que cela signifie pour une danseuse professionnelle lorsque les cachets sont tirés vers le bas par des danseuses amateurs : c'est leur retirer les bases de leur existence. Qui ne s'en offusquerait pas ? Tirer les cachets vers le bas ou "comment me faire détester ?" Le premier commandement est "tu ne prendras pas moins que tes concurrentes". Pourquoi ? Premièrement vous serez détestée rapidement par les autres danseuses de la région car vous non seulement vous poussez votre prix vers le bas, mais aussi tout le marché de la région. Deuxièmement, cela ne fait aucun bien à la réputation de la danse orientale car le professionalisme et l'art ne sont pas compatibles avec des prix ridicules. Au contraire, on pensera que la danse orientale c'est "juste remuer un peu les fesses". Les prix du marché Si l'on ne veut pas se faire détester, il est donc sage de s'orienter par rapport aux prix du marché, c'est-à-dire par rapport aux cachets des autres danseuses de la région. Mais comment savoir ce que les autres prennent ? Mais alors, quel est le cachet moyen ?? Levons enfin le voile sur l'un des secrets les mieux gardés : selon mon expérience, la plupart des danseuses prennent entre 130 et 180 euros pour une représentation privée d'environ 20 minutes. Le cachet varie selon la ville /la région etc. Mais attention, ces prix sont pour une représentation privée dans les environs proches. Les shows en deux parties, pour toute la soirée, les représentations publiques ou les engagements dans des entreprises doivent faire l'objet d'estimations au cas par cas (comme toujours essayez de vous renseigner au maximum.). Last but not least : les shows à minuit ou pour le réveillons sont généralement beaucoup plus chers (de 50 à 100 % de plus que le prix normal). Les débuts sont toujours difficiles Vous pensez peut-être maintenant "et moi ? je ne suis qu'une débutante ! Je ne vais pas prendre autant qu'une pro ?!" Une danseuse m'a raconté un jour que lorsque des élèves viennent la voir et lui demande combien prendre, elle leur conseille de ne pas se vendre en-dessous de XY euros. Mais elle leur dit également qu'elle doivent danser si bien qu'elles valent le prix demandé ! Cela peut paraître dur, mais on arrive là au coeur du problème. Quoique vous fassiez, ne faites pas l'erreur de vous dire "je ne suis pas aussi bonne que les autres alors je prends moins". Vous vous ferez détester par les autres danseuses car vous tirez les prix vers le bas (ce qui finalement touche toutes les danseuses) et vous porterez dommage à la réputation de la danse orientale. Essayez plutôt d'agrandir vos connaissances et de faire vos premiers pas dans des cadres bien protégés. Moi-même j'ai fait mes premières expériences dans ma famille ou lors de fêtes dans des maisons de retraite ou des associations. Je n'ai pas demandé de cachet mais j'ai en revanche toujours précisé que j'étais débutante. Le gala de fin d'année de votre école est aussi une bonne occasion d'acquérir de l'expérience sur scène. Si vous croyez que vous n'êtes pas au niveau des autres danseuses de votre région (et orientez-vous à la meilleure !!! on trouve de plus mauvaises partout...), alors attendez. Vous pourrez commencer plus tard, lorsque votre danse vaudra le même prix que celle des autres. D'autres moyens de comparaison Vous pouvez demander à une agence quel cachet elle verse à ses artistes (attention cependant : comme les agences prennent une partie du cachet pour elle, celui-ci va être plus haut que la moyenne). Lorsque vous avez répondu à toutes ces questions, vous saurez à peu près combien vous devez prendre. Nous en arrivons donc à la question : comment vais-je imposer mon prix ? Conseils pour les négociations Les demandes L'heure de la vérité. Le téléphone sonne ; à l'autre bout du fil, un client. Il cherche une danseuse pour un anniversaire. Mon conseil : essayez d'abord d'en savoir plus sur cette fête. S'agit-il du 50ème anniversaire de l'oncle Charles dans le local de l'association des éleveurs de lapins ? Où est-ce le 70ème anniversaire de Mme Leblenc qui a mis de l'argent de côté pendant un an pour organiser une petite fête ? Ou est-ce qu'il s'agit du Dr Noble qui fête son anniversaire dans un hôtel 5-étoiles et qui peut donc se permettre plus financièrement ? Une remarque supplémentaire : n'oubliez jamais que votre interlocuteur est un client potentiel et qu'il a le droit que vous lui parliez sur un ton gentil et poli. Gardez en tête que votre interlocuteur a dû vaincre une certaine timidité pour vous appeler, car finalement, dans la plupart des cas, il ne vous connaît pas. Rendez-lui la tâche facile en soyant aimable avec lui ! Mais revenons à nos arguments et réponses: "C'est bien cher tout ça" "Tant que ça pour un quart d'heure de danse ?" "Mais je connais deux autres danseuses qui prennent moins" "Et pourquoi demandez-vous plus que les autres ?" "En fait, on veut juste un gag, et le public français n'y connaît rien de toute façon" "On paie déjà tellement pour cette fête, on ne peut plus dépenser trop d'argent" Cas "spéciaux" Entre amis "Euh, Nicolas fête son anniversaire la semaine prochaine. Tu veux pas danser un peu ?" Comprendre : sans cachet, bien entendu. Si au début on est content de collecter une expérience de spectacle supplémentaire, il faut penser sur le long terme à l'attitude que l'on veut adopter envers les spectacles chez les amis. a) Si l'on connaît bien la personne, que l'on a vraiment envie de danser pour elle, que l'ambiance est bonne, rien ne vous en empêche. Cependant, faites attention que ces spectacles gratuits ne deviennent pas une évidence, ou que vous ne deveniez pas l'attraction de base de toutes les fêtes (on se souvient : ce qui ne coûte rien ne vaut rien). Et quel avocat ou médecin consulterait gratuitement pendant une fête d'anniversaire ? b) S' il s'agit d'un ami ou d'un membre de la famille lointain, n'hésitez pas à dire "Mon prix normal est XY euros, comme prix d'ami je te fais une réduction de XY euros. Ca te va ?". La plupart du temps ca marche, si l'on montre clairement sa bonne volonté. Riche et célèbre ? Il faudrait maintenant parler des spectacles à la télévision, ou dans des fêtes VIP etc. Si vous rêvez de cela, sachez que ce genre de représentations sont liées à une grande masse de travail et qu'il va vous falloir amener une grande dose de patience. Ne comptez pas sur un gros cachet - si tant est qu'il y en ait un... Si toutefois vous avez la chance d'être payée (et donc d'être respectée comme artiste !) réfléchissez quand même pour savoir si le cachet qu'on vous propose vaut la "célébrité" et les "relations" que vous aurez grâce à ce spectacle. Restez critiques ! Restaurants Les restaurants sont un thème particulier. Le cachet y est généralement plus bas que dans les fêtes privées mais là aussi, les tarifs varient selon les villes et les régions. Travailler dans les restaurants a des avantages et des inconvénients. Des spectacles réguliers signifient plus ou moins un salaire régulier et on y gagne généralement un bon pourboire. On connaît le cadre, le restaurateur, les clients, ce qui permet de se sentir plus ou moins chez soi. De plus, les spectacles dans les restaurants on un bon effet publicitaire. Pensez cependant que lorsque vous dansez régulièrement, vous vous bloquez également régulièrement des dates pour d'autres spectacles, privés par exemple. La durée de la représentation (deux ou trois généralement) est plus longue que dans des fêtes privées et il faut plus de costumes, plus de musiques, plus d'efforts donc pour pouvoir offrir une certaine variété au public. "On fait un spectacle toutes les semaines, tu peux prendre moins quand même" "Tu auras beaucoup de pourboire chez nous !" "On te fait une super pub" "La danseuse XY prend beaucoup moins que toi !" "Je te donne la possibilité de danser à l'essai" "C'est trop cher ! Je ne peux pas me le permettre !" Malgré toutes ces embûches : si l'atmosphère est bonne, le public agréable, travailler dans un restaurant peut être un vrai plaisir. Et avec un peu de sens de la négociation et la confiance en soi nécessaire, rien ne devrait vous empêcher d'y arriver.... Le mot de la fin Est-ce juste ? Vous connaissez peut-être aussi cette situation : après un magnifique spectacles, vous êtes assise dans un fast-food et avalez votre menu lorsque soudain vous pensez que le pauvre garçon là, derrière le comptoir, doit travailler toute la soirée pour gagner un cinquième de ce que vous venez d'encaisser pour une représentation de 20 minutes. Avez-vous vraiment mérité cela ? Ou est-ce terriblement injuste ? Bien sûr, il y a une certaine injustice dans tout cela, mais cette "injustice" existe dans toute notre société. N'êtes-vous pas en train de retomber dans le "c'est beaucoup d'argent pour 15 minutes" dont nous avons parlé plus haut ? Chacun a sa chance, utilisez la vôtre ! Mythes et légendes Pour finir, un mot critique. Certaines danseuses font de leur cachet un secret absolu. On entend des choses comme "je ne danse pas pour moins que XY euros (montant juteux)" ou "pour les fêtes privées je prends normalement XY euros (somme exhorbitante)". Et, alors qu'on fond d'admiration, une autre voix s'élève : "pourquoi ? quand tu danses dans un restaurant tu prends que le tiers ?" Je souhaite à toutes mes collègues de beaux spectacles bien payés ! |